Ce que l’art ne nous dit pas: Georges Lemmen, Les sœurs Serruys, 1894.

Bonjour à tous, aujourd’hui je suis ravie de vous présenter avec cette nouvelle catégorie « Ce que l’art ne nous dit pas », mon versant plus « artistique » si je puis dire.

J’aime entretenir un rapport particulier et personnel avec les œuvres d’art et il m’arrive très souvent de m’arrêter sur une toile et d’imaginer ce qu’elle nous raconterait: un regard capté à la volée, qu’était-il en train de faire ? A quoi penses-t-il ? Qu’est-ce qui a provoqué cette expression d’angoisse, de souffrance, ou de joie que l’on perçoit sur ce modèle ? Et cette scène au fond à gauche que l’on distingue mal, qu’est-ce qu’il s’y passe ? Voilà brièvement les questions qui m’animent quand je reste un peu trop longtemps, songeuse, devant une toile. Bien sur pour certains tableaux se référant à la mythologie, à la religion ou un quelconque récit historique, l’histoire est déjà écrite, mais pour les autres ? J’aimerais donc partager avec vous, ces bribes de vies que je me plais à imaginer.

Je tiens cependant à vous prévenir que ces histoires ne seront pas à prendre comme vérité absolue, qu’elles ne sont que le fruit de mon imagination et non des faits avérés ou des interprétations validées par des spécialistes. Mais avant chaque récit, il me semble important de vous présenter l’œuvre et de la resituer dans son contexte historique.


Quelle-est cette œuvre ?

Aujourd’hui on ouvre le bal avec une huile sur toile de Georges Lemmen intitulée Les sœurs Serruys peinte en 1894. Ce tableau a été commandé par Edmond Serruys, ami du peintre. Ce sont ses filles, Berthe (12ans) et Jenny (8ans) qui y sont représentées. La toile conservée au Indianapolis Museum Of Art, s’inscrit dans la lignée des recherches néo-impressionnistes. C’est à dire qu’à la suite des impressionnistes, des peintres ont cherché à pousser au plus loin les travaux sur le rendu de la luminosité et l’interaction des couleurs entre elles. S’appuyant sur les écrits d’Eugène Chevreul ou encore Charles Henry, les néo-impressionnistes, par la juxtaposition de petites touches de couleurs vibrantes tentent de recréer une lumière et des coloris éclatants qui se révéleraient dans l’œil de l’observateur.  Cette œuvre reste un tableau qui répond à des recherches artistiques très scientifique, et je ne peux m’empêcher de faire le rapprochement avec la photographie. Ce cadrage particulier et ces fillettes saisies sur un instant précis titillent mon imagination…

Et que nous diraient-elles ?

« Dépêche toi papa, j’ai les yeux qui me piquent ! », se dit cette jolie fillette, un nœud parfaitement lassé dans ses cheveux blonds alors que quelques minutes auparavant, elle affichait un sourire radieux, révélant alors de jolies joues biens dodues. Jenny commence vraiment à s’impatienter, voilà bien trois minutes qu’elle est contrainte de garder les yeux ouverts, craignant de devoir recommencer ce périple à l’infini. Les deux fillettes avaient pourtant tout de suite répondu à l’appel de leur père : « Les filles, venez prendre une photo avant de partir chez tante Lucette ». Or cela faisait déjà plusieurs minutes qu’il se débattait avec sa chambre photographique et qu’aucune photographie n’avait été prise. « Ne perdons pas de temps avec cela Edmond, on va encore être en retard » crie sa femme de l’autre côté de la pièce, agacée par son obstination « Et tu sais combien ta tante n’aimes pas qu’on la fasse attendre le dimanche ». Et c’est un avis que partage Berthe, irritée d’encore devoir porter la même robe que sa petite sœur, « si seulement elle était à mon goût… Combien de temps encore vais-je devoir lui ressembler ? » se lamente-t-elle. Puis son père interrompt ses pensées pour lui demander de poser sa main sur la table. « Parfait! » Il est fin près à prendre sa photo, les deux fillettes ajustent leur pose une dernière fois et regardent l’objectif. Edmond commence le décompte, lentement. Jenny se met alors à demander à tue-tête à quiconque l’entendrait de bien vouloir faire en sorte qu’il se dépêche de prendre sa photo avant que ses yeux ne se dessèchent totalement. Berthe, quant à elle, s’efforce de ne pas paraître trop ennuyée par la situation quand elle entendit sa mère l’appeler, certainement pour encore lui faire des reproches à l’intonation de sa voix. Elle tourne sa tête en direction de sa mère et est surprise par son père qui vient de lancer le processus photographique. Un soupir collectif retenti, son père ajouta « Merci à tous, on va devoir la refaire ! » suivi d’un second soupir poussé cette fois-ci par les trois femmes à l’unisson.


Et toi, que t’évoques ce tableau ?

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